Make AI Agents + MCP : brancher votre agent à n'importe quel outil (juin 2026)

Depuis juin 2026, les agents IA de Make se connectent à n'importe quel serveur MCP. Voilà ce que ça change, et comment brancher votre premier outil.

Y’a une petite nouveauté chez Make qui est passée presque inaperçue début juin, et je trouve ça un peu dommage parce que c’est exactement le genre de truc qui change votre façon de bosser. Depuis le 3 juin 2026, les agents IA de Make peuvent se connecter à des serveurs MCP. En clair : votre agent ne se limite plus aux modules Make et à vos scénarios, il peut aller piocher dans n’importe quel outil qui parle le protocole MCP.

Si vous savez pas encore ce qu’est un agent IA dans Make, ni ce que veut dire MCP, pas de panique. On va reprendre depuis le début, tranquillement, et à la fin vous saurez brancher votre premier outil vous-même.

C’est quoi un agent IA dans Make, déjà ?

Avant, sur Make, vous construisiez des scénarios : une suite de modules qui s’exécutent dans un ordre fixe. Le webhook reçoit une donnée, le module suivant la nettoie, le module d’après l’envoie dans votre CRM. C’est linéaire, c’est prévisible, et franchement c’est très bien pour 80% des cas.

Mais il y a des situations où vous savez pas à l’avance quelle est la bonne suite d’étapes. Exemple bête : un email arrive au support. Selon son contenu, il faut peut-être créer un ticket, peut-être répondre direct, peut-être chercher dans la base de connaissance, peut-être escalader à un humain. Coder tous ces chemins en dur dans un scénario, c’est l’enfer.

C’est là que l’agent entre en jeu. Un agent Make, c’est trois briques :

  1. Un modèle d’IA · vous choisissez votre fournisseur (le provider d’IA de Make, OpenAI, Anthropic Claude, ou Gemini) et le modèle précis. Depuis le 6 juin, vous pouvez même y mettre Claude Opus 4.8.
  2. Des instructions système · le texte où vous décrivez le rôle de l’agent, son ton, ce qu’il a le droit de faire ou pas.
  3. Des outils · ce que l’agent peut réellement déclencher. Des modules Make, des scénarios entiers, et maintenant… des serveurs MCP.

La différence avec un scénario classique, c’est que l’agent décide tout seul quel outil appeler, dans quel ordre, en fonction de ce qu’on lui demande. Vous lui donnez une boîte à outils et une mission, il se débrouille.

Et le MCP, dans tout ça ?

MCP ça veut dire Model Context Protocol. C’est un standard lancé par Anthropic fin 2024, et qui a littéralement explosé en 2026. L’idée est tellement simple qu’on se demande pourquoi personne l’avait fait avant.

Le problème historique : chaque outil IA avait sa propre façon de se connecter aux services externes. Vous vouliez brancher votre assistant sur Notion ? Fallait un connecteur spécifique. Sur GitHub ? Un autre. Sur votre base Postgres ? Encore un autre. Multipliez par le nombre d’assistants et le nombre de services, et vous obtenez un cauchemar combinatoire.

MCP règle ça en posant une seule prise standard. On compare souvent ça à l’USB-C : avant, chaque appareil avait son chargeur ; maintenant un seul câble pour tout. Un serveur MCP expose des “outils” (des actions, genre “crée une page”, “lis cette ligne”, “envoie ce message”) d’une manière que n’importe quel client IA comprend.

Résultat en 2026 : plus de 250 serveurs MCP vérifiés sont dispo. Les plus utilisés c’est GitHub, Slack, Notion, Google Sheets, Postgres/Supabase, Stripe et HubSpot. Et c’est précisement à ce catalogue que vos agents Make ont maintenant accès.

J’ai déjà écrit pas mal sur le MCP côté n8n et Claude (allez voir le tutoriel MCP + Claude + n8n si le sujet vous branche). La news ici, c’est que Make rejoint la fête, et avec son interface visuelle, c’est sans doute la manière la plus accessible de toucher au MCP quand on débute.

Concrètement, qu’est-ce que ça débloque ?

Avant cette mise à jour, un agent Make était un peu enfermé dans l’écosystème Make. Largement suffisant, hein, vu le nombre d’apps que Make connecte nativement. Mais dès que vous vouliez un outil pointu pas encore packagé en module Make, vous étiez coincé.

Maintenant, si quelqu’un (ou une boîte) a publié un serveur MCP pour son service, votre agent peut l’utiliser dans la même exécution que vos modules Make natifs. Pour vous ça veut dire :

  • Vous pouvez mixer un module Make officiel et un outil MCP externe dans le même run, sans bricoler.
  • Vous n’êtes plus dépendant du calendrier de Make pour qu’un connecteur sorte. Si le MCP existe, vous l’avez.
  • Les outils émergents (souvent dispo en MCP avant d’avoir un module Make) deviennent accessibles tout de suite.

Make donne trois exemples de cas d’usage dans sa documentation, et ils sont parlants pour des indépendants ou des petites équipes :

Cas d’usageCe que l’agent fait
Prospection commercialeCherche des prospects via un outil MCP, qualifie, et écrit dans votre CRM
Triage du support ITLit la demande, fouille la doc via MCP, route ou répond
Résumé de marché hebdoAgrège plusieurs sources MCP et vous pond une synthèse chaque lundi

Brancher votre premier outil MCP, étape par étape

Bon, assez de théorie. Voilà comment on fait dans l’interface. Je pars du principe que vous avez déjà un agent en cours de construction (le module “Make AI Agents (new) > Run an agent (new)” dans votre scénario). Si vous n’avez pas encore de compte, ouvrez-en un gratuitement sur make.com et revenez ici, ça prend deux minutes.

Étape 1 · trouver le bouton

Dans le builder, passez votre souris sur l’icône plus du module “Run an agent (new)”. Un menu apparaît, et vous cliquez sur “Add MCP”. Voilà, c’est aussi planqué que ça, d’où le fait que pas mal de gens sont passés à côté.

Étape 2 · créer la connexion

Dans le champ connection, cliquez sur “Add” pour créer une nouvelle connexion MCP. Si vous en avez déjà une, vous pouvez la choisir dans le menu déroulant.

C’est ici que vous renseignez l’URL du serveur MCP et les credentials nécessaires (souvent une clé API ou un flux d’authentification, ça dépend du serveur). Chaque serveur MCP a sa propre URL, en général dispo dans sa doc ou sur son site.

Étape 3 · choisir les outils

Une fois connecté, vous arrivez dans la section Tools. Là vous sélectionnez les outils MCP que vous voulez rendre accessibles à l’agent. Vous pouvez tout cocher d’un coup avec “Select all”, mais…

Étape 4 · laisser l’agent bosser

Et c’est tout. Vous spécifiez pas manuellement quel outil appeler ni quand. L’agent analyse vos instructions système et la demande qu’il reçoit, puis il choisit les bons outils MCP de lui-même. C’est tout l’intérêt : vous décrivez le quoi, l’agent gère le comment.

Votre boulot, c’est surtout d’écrire des instructions système nickel. Plus elles sont précises sur le rôle et les limites, mieux l’agent choisit. Un truc du genre “Tu es un assistant de prospection. Quand on te donne un nom d’entreprise, tu cherches le contact décisionnaire via l’outil X, tu vérifies l’email via l’outil Y, et tu écris la fiche dans le CRM. Tu inventes jamais un email.”

Petit point sur l’autre sens : Make comme serveur MCP

Pour pas vous perdre, faut savoir qu’il y a deux directions possibles, et c’est facile de mélanger.

  1. Ce dont on parle aujourd’hui : votre agent Make consomme des outils MCP externes. Make est le client.
  2. L’inverse, sorti en février 2026 : les MCP toolboxes de Make. Là, vous transformez vos scénarios Make en serveur MCP, pour que Claude ou ChatGPT puissent les appeler comme outils. Make est le serveur.

Les deux sont utiles, mais ils répondent pas au même besoin. La nouveauté de juin, c’est bien le premier sens : donner des super-pouvoirs à VOS agents Make.

Faut-il se jeter dessus ?

Soyons honnête deux minutes. C’est une feature géniale, mais elle s’adresse pas à tout le monde tout de suite.

Si vous débutez sur Make, mettez ça de côté pour l’instant. Apprenez d’abord à construire des scénarios solides, à gérer les erreurs, à connecter vos apps de base. Les agents (et a fortiori le MCP) c’est la couche d’après. J’ai un guide Make pour débutants si vous partez vraiment de zéro, commencez par là.

Si vous êtes déjà à l’aise avec les scénarios et que vous commencez à toucher aux agents, alors oui, le MCP vaut le détour. C’est le moment de tester sur une tâche réelle et de voir ce que ça donne.

Si vous automatisez votre propre entreprise, le MCP devient intéressant quand une application importante n’a pas de module Make natif. Votre agent peut alors utiliser cet outil sans attendre une nouvelle intégration.

Le contexte plus large : 2026, l’année où tout devient agentique

Cette news Make est pas isolée, et c’est ça qui est intéressant. En juin 2026, à peu près tous les acteurs ont poussé le MCP au coeur de leurs agents. n8n a ajouté ses propres outils MCP côté workflows, Anthropic a sorti des agents managés qui se connectent à des serveurs MCP privés… tout le monde converge vers le même standard.

Pour vous qui automatisez, c’est une excellente nouvelle. Ça veut dire que ce que vous apprenez sur le MCP aujourd’hui est transférable partout. Le serveur MCP que vous branchez sur votre agent Make, vous pourrez le rebrancher sur Claude, sur n8n, sur ce qui sortira demain. C’est rare, dans cet écosystème qui bouge tout le temps, d’avoir un acquis qui se périme pas.

Mon conseil : prenez une après-midi cette semaine, choisissez un serveur MCP simple (Notion ou Google Sheets sont parfaits pour débuter), et branchez-le sur un petit agent. Le déclic se fait au moment où vous voyez l’agent appeler un outil que vous n’avez pas codé, juste parce que vous lui avez dit ce que vous vouliez. À partir de là, vous regardez plus jamais vos automatisations pareil.


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Sources : Make · Create your first AI agent, Make Community · Add MCP Tools to Make AI Agents, Model Context Protocol.

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